Ogalau dit:
Katmandou. Pour le moment, nous sommes plutôt charmés par cette ville animée. On appréhendait un peu de retrouver le chaos indien, et puis finalement notre arrivée en deux roues dans cette capitale se passa pour le mieux. Evidemment, nous retrouvons notre quota de Co2, une vache au beau milieu de la chaussée, un code de la route TOTALEMENT inexistant (bon ça cela fait déjà un moment), les mini-bus qui te coupent ton chemin, les motos qui te frôlent, en bref une arrivée en ville comme il se doit…
Mais arriver dans une ville à vélo, c'est toujours très particulier, c'est pleins de surprises, ça vous donne direct une bonne ou mauvaise impression.
Le ptit plan de la ville récupéré dans un Lonely Planet d'une guesthouse nous est fort utile, mais l'aide d'un local nous indiquera que nous sommes encore un peu loin de Thamel (le quartier touristique de Katmandou). Et tant mieux!!! Car en roulant dans de petites ruelles, notre deux roues nous amène ainsi dans le quartier de Durbar Square, et c'est magnifique!
Notre première impression??? Très bonne!
C'est donc après 3 jours de pédalage que nous sommes arrivés à destination. Et mes fesses (Gaëlle) m'ont signalé qu'il était temps de se remettre en selle… Ouhhh j'ai dû réenfiler notre fameux cycliste rembourré, lequel n'était pas sorti des sacoches depuis la fin de la Turquie! Mais bon le corps se réhabitue vite!
46. C'est le chiffre que Lolo a pu observer sur son compteur, mais rien à voir avec les kilomètres, plutôt avec les gouttes de sueur versées… On a du coup repensé à cette très très chaude journée en Bulgarie avec notre Clou et Antoine, ce jour-là le compteur avait indiqué 49! Vous vous souvenez les copains?? Mais si cette journée où une sacoche de Lolo s'était fait la malle dans un champ de je ne sais plus quoi d'ailleurs… En bref, on a eu de nouveau très chaud sur notre vélo! Mais l'avantage sur la route de Pokhara à Katmandou, c'est qu'après chaque côte, il y a un joli toboggan nous permettant de nous aérer un peu…
Ce retour en selle nous réjouit, notre vélo commençait sérieusement à nous manquer. Le temps est venu de changer d'air! On the raod again baby !!!
La première journée nous roulons quasi 90km. La route est empruntée spécialement par des bus et des camions. Mais le trafic est modéré, vers 13h le soleil nous tape bien sur la caboche il est temps de s'arrêter.
Dans un petit village nous trouvons une chouette guest où les proprios très souriants nous accueillent chaleureusement. Cette reprise nous casse les jambes on termine la journée par une douche, une sieste, et un dalh bat.
La nuit fut bien réparatrice, nos jambes sont de nouveau prêtent pour manger du km. Nous partons à l'aube cela nous permet d'éviter de rôtir telle des chipos au soleil. La route est sympa mais ça plus pour très longtemps… Depuis que nous avons passé une intersection le trafic s'est intensifié: gros camions bruyants et bus se suivent et se dépassent comme des foufous. Nous comprenons maintenant pourquoi cette route est considéré comme une high way, ça circule beaucoup! Mais elle ne ressemble en rien à une quatre voie...deux pistes ni plus ni moins…).
On profite de signaler que le 1er Mai, nous roulions. Et le 1er résonne un peu, car déjà 1 année que nous sommes partis de Grandson... Et surtout le 1er
Mai, c'est aussi l'anniversaire de notre Sonja! Alors ma belle, sache que nous avons tout particulièrement bien pensé à toi, à vous!
Pour la troisième et dernière journée mais aussi pour nos derniers coups de pédales au Népal, la route nous réserve une longue montée d'une vingtaine de km.
Vu la quantité de trafic nous envoyant de gros nuages de CO2 en pleine face, ma chérie n'est pas trop motivée à passer ce col... Mais moi j'aime pas les bus et j'aime encore moins charger mon vélo sur le moindre camion ou autre... La question qui se pose : "Qui va réussir à convaincre l'autre ??"
Sur la route nous croisons un couple de cycliste en tandem, et à votre avis d'où viennent-ils ?? Ben de Suisse, et pas de n'importe où!!!! De " Lausanne ", on papote un moment en bord de route, on s'échange les adresses, afin de pouvoir se raconter nos périples respectifs devant un apéro à Loz. Bonne route à vous et à bientôt!
Mes arguments sont : "Non mais en partant tôt, on aura pas chaud". Gaëlle me répond : "Ouais mais ce sera blindé de camions, et je vois aucun plaisir à monter en respirant à pleins poumons toute cette pollution!"
Je rétorque alors: "Ok on part à 5h demain matin et si tu supportes vraiment pas tu charges ton vélo sur un camion!"
Marché conclu.
Comme prévu nous partons dès que la lumière du jour est suffisante, la journée commence bien il fait frais, mais le problème reste ce trafic…
Soudain une excellente idée me vient, pour anticiper la démotive de Gaëlle je lui dit : "Tu veux écouter de la musique en roulant?"
Merci à Jarabe De Palo (musique latine) et au Boléro de Ravel qui m'ont permis de faire abstraction de cette pollution! (Gaëlle)
Une bonne récompense: la descente qui nous mène à Katmandu.
Comme il l'a été dit au debut, cette arrivée dans la capitale nous motive, cette traversée à vélo nous a donné un chouette aperçu de ce que cette ville nous réserve. Maintenant: mission recherche d'hôtel… Après en avoir visité quelques uns pour comparer la qualité et le prix, nous finissons par retourner dans la chambre la plus spacieuse qui inclue la douche et les toilettes, à première vue nickel...
Mais arrive le moment de fermer les yeux et aussitôt je regrette de ne pas avoir bien regardé l'orientation de la chambre. La fenêtre donne en plein sur la route, et dans le centre de Thamel (quartier touristique), les bars sont nombreux, la musique est forte et le bruit constant… Tant pis pas moyen de déplacer tout notre matos, alors vive les boules quiès.
Entre deux journées shopping, nous prenons un bus local pour partir à la visite de Baktapur, à quelques 10 km du centre. Cette magnifique cité ancienne remplie de temples et d'autres trésors nous laisse en admiration. Nous déambulons dans ces petites ruelles pour s'imprégner de cette ambiance magique que dégagent ces lieux.

Observer la vie quotidienne de toute cette populace est passionnant, nous restons scotché sur la place de Durbar Square un bon moment avant de faire le chemin retour vers Katmandu.
Durant cette petite semaine ici nous avons été nous balader essentiellement au marché, et à Durbar Square où nous avons fait le bonheur de nos papilles! La trouvaille de notre plat indien préféré: le Masala Dosa, trop bon!
Le hasard fait que nous retrouvons Tommy et Marie, deux cyclistes de Hollande rencontrés à Shiraz en Iran (vous rappelez vous de la team des 7 cyclos?). Nous partageons une superbe chouette soirée ensemble pour l'anniversaire de Bouddha au big stupa de Bodnath (petite ville à une dizaine de km de Katmandou).
À peine arrivés dans cette enceinte que nous sommes entrainés dans cette foule énorme qui célèbre leur dieu Bouddha. Nous sommes chanceux et monstre ravis de participer à cet événement. Nous nous mêlons à cette foule et tournons autour de cet énorme stupa. C'est vraiment un truc de dingue comme dirait notre Clou!! Cette spiritualité est belle, calme et peace. Un moment inoubliable!!
Cette fin de soirée devant un dalh bat avec nos potes fait plaisir "Lekkerrrr" (trop bon en hollandais). Allez à bientôt les amis, tout de bon!
Ces deux derniers jours au Népal sont mouvementés. Gaëlle a fait sont boulot de secrétaire: recherche de woofer, et de warmshower en Espagne. Nous avons dû faire une mission poste, et pour finir nettoyer et empaqueter les vélos. En gros on n'a pas chaumé!
Nous sommes dans l'avion, on s'apprête à arriver à Doha (aéroport du Qatar nous offrant le wifi pour tuer ces 4 h d'escale), puis destination Madrid. Certains d'entre vous n'était pas encore au courant de ce choix mais voilà à présent ce sont des aventures espagnoles qui nous attendent!
C'est clair qu'il est dur dur de s'envoler durant 9h alors qu'en un an on a vécu tellement de choses magnifiques à travers tout ces pays que nous survolons si rapidement… Ça nous laisse tout penseurs.
Une nouvelle page s'ouvre, vamos a apprender espagnol y trabajar en una granja! (Nous allons apprendre l'espagnol et travailler dans une ferme). Vous aurez plus d'infos ces prochains jours, mais en bref: on va passer 3 ou 4 jours à Madrid puis vélo direction Ségovie où une ferme dans les alentours nous attend!
Queremos muchos amigos!
Complément d'article...:
Faute de connexion à Doha, nous n'avons pu envoyer ce précédent article fraîchement tapé.
Alors voilà, on se rapproche tout gentiment de vous… 8h30 ce matin, notre deux roues s'élance sur le sol espagnol. Madrid nous accueille sous un joli soleil, on ne subit pas de claque par rapport au climat, c'est déjà ça… Car oui nous sommes contents de venir en Espagne, mais ce serait mentir de dire qu'on le vit pleinement bien. Un peu décalé, un peu désorienté, un peu triste, en bref on est un peu tout chamboulé… Mais on va vite se réhabituer à cette vie, sans bien sûr oublier tout ce qu'on a vécu. Et comme dit notre pote Steph:
"Oh Mémoire, sois sympa STP laisse nous encore longtemps toutes ces belles images dans nos têtes!"
À l'aéroport, dans l'avion, dans le parc del Retiro à Madrid cet aprem et à de nombreux moments depuis notre départ de Katmandou, ce sont mille et un souvenirs qui reprennent vie dans nos esprits. Quelle belle année, quel chouette chemin parcouru, que d'inoubliables rencontres, et surtout quelle douce liberté que de parcourir ces quelques km en bicyclette!
Ce 1er voyage en deux roues ne sera sans doute pas le dernier, du moins on l'espère…
Nous allons donc rester 3 ou 4 jours à Madrid. Un tout gentil couple Jose Luis et Patricia, via warmshower, nous accueille dans son tout chouette appartement. Puis direction Ségovie, et plus exactement le petit village de Fuentepelayo. Là-bas, on nous attend pour récolter l'ail, planter de l'aloé vera, s'occuper du verger, et Lolo va même pouvoir remonter sur un toit car ils sont en train de rénover celui d'un hangar. On va en tout cas y rester 3 semaines, puis on est en train de penser à la suite.
Hey Steph, on te pique encore une citation, celle de Mark Twain
"Dans 20 ans, vous serez plus déçu par ces choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors larguez les
amarres.
Mettez les voiles et sortez du port ô combien sécurisant. Explorez. Rêvez. Découvrez. "
Voilà les amis, si vous avez envie d'un peu plus de chaleur, venez nous voir en Espagne!
Et une dernière chose, si vous le pouvez un jour, n'hésitez pas à enjamber ce deux roues si magique pour quelques temps. Il vous comblera de surprises! Et il vous offrira un précieux cadeau: une forte et profonde rencontre avec vous-même.
LOVE LOVE LOVE
OGALAU
Voici comment la journée d'adieu à l'orphelinat s'est terminée… Un peu de poudre rouge étalé avec plaisir par chaque enfant.
À notre retour des Annapurnas nous passons 3 jours avec Stéphane, son départ est proche, nous profitons de ces derniers moments ensemble pour parler bouffe! Ces recettes nous font saliver (facile pour un cuisinier). On profite aussi de se faire une dernière foulée ensemble, et ses histoires sportives m'motive (Lolo) à enfiler mes baskets plus souvent, qui sait peut être à bientôt sur une ligne de départ!
Notre habitude Pokharienne la plus ancrée reste l'apéro, on se retrouve en fin de journée devant de bonnes Gorka (bière locale), avant un dahl bat ou autres.
Sa joie de vivre et son trop plein d'énergie va nous manquer, mais comme il le dit si bien : on se sépare pour mieux se retrouver!
Nous consacrons la plupart de notre temps à l'orphelinat. Les jours passent à une vitesse grand V, les journées sont bien chargées, habituellement nous préparons des activités le matin pour occuper les enfants l'après midi.
Nous avons emmené la petite Susma faire un contrôle chez l'ophtalmologue, et heureusement sa vue est parfaite. Elle a un léger problème pour évaluer les distances. Pour le moment, son strabisme est "juste" un problème esthétique.
Nos potes Emeline et Juliette nous donnent un bon coup de pouce pour organiser un grand jeu dans un parc du centre de Pokhara. Trois équipes de 4 enfants s'affrontent sur différents parcours: course en sac de jute, un jeu d'eau, un lancé de comètes, un jeu créatif et d'autres encore.
Cette journée fait un carton, les enfants prennent plaisir, ça rigole, ça crie, ça court! Ils encouragent leur coéquipier avec enthousiasme, bref ils sont à fond! Aucun d'entre eux ne s'est plaint ou a dit: "oh non jveux pas jouer c'est pourri ce jeu", comme on pourrait l'entendre par chez nous.
Le jeu terminé, place au pique-nique. Les enfants mangent avec appétit, pas besoin de leur demander de finir leur assiette, surtout qu'aujourd'hui ce n'est pas un dahl bat mais un riz frit aux légumes, grand soulagement pour certains.
Nous finissons l'après midi au parc de jeu sur les toboggans et balançoires, avant une marche exténuante jusqu'au bus. D'ailleurs les plus petits siestent dans les bras de Juliette et Gaëlle.
De les voir s'amuser c'est une jolie récompense pour notre investissement! Nous sommes contents du déroulement et du succès, ce soir devant la bière nous sommes soulagés et bien satisfaits.
Le lendemain, en nous voyant arriver les enfants nous accueillent en triomphe, voilà leur manière de nous remercier, quel bonheur! Les liens avec les enfants sont forts, ils sont vraiment attachants.
Les jours passent, il est temps de leur acheter des choses bien utiles. Nous consacrons du temps chez un menuisier du coin pour une table sur mesure et deux petits bancs afin qu'ils soient mieux installés pour leurs devoirs. D'habitude ils les font par-terre, espérons qu'ils préfèrent les faire assis sur un ptit banc…
Nous allons à la "librairie" du village acheter les nouveaux livres pour la rentrée scolaire, ce qui fait une bonne pyramide de bouquins!
Nous leur proposons d'aller chez le tailleur pour leur faire un nouvel uniforme pour l'école. Chemise blanche manche longue et pantalon bleu marine pour les garçons et chemise blanche manche longue et jupe plissée bleue marine pour les filles. C'est incroyable comme le couturier est monstre rapide, en 3 jours il parvient à nous coudre 12 uniformes!
Juste avant cet achat, une volontaire espagnole leur avait acheté de nouvelles chaussures d'école. Ils seront donc tout beaux tout neuf pour cette rentrée scolaire.
Chez le tailleur, on profite également de faire deux cortas (habits traditionnels pour les femmes) pour les plus grandes, Sony et Anjana. C'est avec un monstre enthousiasme qu'elle accepte de venir passer une matinée avec nous. Elles choisissent leur tissu et comme des soeurs elles font en sorte d'avoir les mêmes couleurs: rouge et vert. Regardez un peu comme elles sont belles!
On passe également du temps dans la vieille ville à choisir un ptit ensemble pour les 10 autres. Ouhhh fatiguant ces journées de shopping! Mais on s'en sort plutôt bien, et le lendemain les enfants sont heureux d'avoir chacun leur ptit paquet.
Nous avons également versé de l'argent pour la construction du futur bâtiment.
Ce n'est pas si simple de faire du volontariat. Dans le sens qu'avec notre peau blanche, on est très vite considéré comme des gens riches, comme des portes monnaie ambulants. Et par ici, plus tu donnes et plus ils en demandent… Cette notion de fric nous laisse parfois songeur quant à leur sincérité sur notre amitié, enfin je parle uniquement des relations avec les adultes. Les enfants, eux, sont tellement spontanés et natures que nous nous "consolons" justement avec ce que nous avons pu tissé comme lien avec eux. Enfin bref… On reste en tous les cas heureux, très heureux de ce que nous avons vécu, ce fut une riche expérience qui nous a ouvert de longues réflexions devant notre apéro du soir.
Un tout joli spectacle de danses nous a été offert pour notre dernier jour. On en était tout ému! On va tenter de vous mettre des vidéos sur le blog. On tient sincèrement encore à remercier toutes les personnes ayant participé à notre projet. Les enfants ont eu plaisir à coller les photos de certains donateurs sur un grand panneau de remerciements. En voici un ptit aperçu:
Après demain, on remonte sur les vélos! Et ben enfin il serait peut être temps de se remettre en selle! Bien que notre vie pokharienne fut agréable, on se réjouit tout de même de bouger. La multitude de pseudo baba cool dreadlokeux s'enfumant le cerveau du matin au soir sur fond de musique techno nous sortent un peu par les trous de nez… Alors en route pour Katmandou où nous allons retrouver Juliette et Emeline!!! Les filles on sera là d'ici 3 jours!
LOVE
Lolo dit:
Pour commencer voilà en quelques mots la présentation de notre quintuplette de choc pour affronter le tour des Annapurnas. Emeline et Juliette qui viennent des Ardennes, sont mortes de rire du matin au soir, elles nous improvisent une petite chanson "white and yellow in the center", deux filles supers chouettes, des vrais championnes de la coinche (une sorte de chibre). Et Stéphane (marathonien rencontré en Iran) un sur-homme, celui que Juliette a surnommé le comix, un physique qui déchire et une patate d'enfer, au taquet du matin au soir.
De Pokhara nous montons à bord d'un tout vieux bus (ici ils sont tous vieux et ont plusieurs vies) qui nous emmène à Besi Sahar, petit village d'où notre rando démarre. Ce trajet inoubliable nous réserve de bons fous rire, à une 1/2 heure du départ le bus commence à couiner. Le chauffeur adopte alors une conduite plutôt étrange, qui consiste à donner de bons coups d'accélérateur avant de couper le moteur et de passer en roue libre. Ce petit jeu ne va pas durer très longtemps. Le bus finit par tomber en panne, nous voilà tous les cinq à attendre... Un petit mécano tout crassou d'une quinzaine d'années nous épate. Sans stress, il démonte l'alternateur et repart on ne sait où… Deux heures plus tard le revoilà, et en un temps trois mouvements il remet le bus en marche. Voilà la solution à un problème mécanique, les passagers attendent patiemment, et le conducteur boit un thé tranquillement, pourquoi s'exciter ou appeler un autre bus?
Finalement nous arrivons à Besi Sahar à 13h, nos estomacs crient famine, il est temps de manger. Nous débutons ce tour des Annapurnas tout doux par 2 heures de marche.
Ce début d'aventure commence sur une route poussiéreuse sur laquelle bus et jeep passent encore, mais ça va ils ne sont pas nombreux. Nous traversons des forêts, et la plupart du temps nous marchons en surplombant la rivière.
Les premiers jours une forte brume nous empêche de voir les sommets. À l'aube le ciel est dégagé mais plus les heures passent et plus la visibilité est mauvaise! On redoute ce scénario pour la suite du trek. Heureusement, plus nous grimpons et plus le ciel se dégage et devient bleu. Le matin du troisième jour nous apercevons les premiers sommets!
Nous empruntons des sentiers de plus en plus petits et toujours plus pentus, nos jambes supportent, nous marchons entre 15 et 18 km par jour. L'ambiance est plus que bonne, on rigole bien.
Le soir nous nous enfilons dans une petite guesthouse et après être passé sous la douche (quoique le froid nous incitera à ne pas nous laver parfois…), nous buvons un Big Pot de Black Tea en mâchouillant de petits morceaux de gingembre.
La route est en construction, ouf nous sommes soulagés, pas de voitures et pas de klaxons, que du bonheur! Dorénavant tous les ravitaillements se font par mulets ou par des porteurs Népalais qui se transportent des charges de dingue, ça passe du casier de poule au poêle à bois de 70 kg. La démarche de ces hommes en dit long, leurs jambes arquées tremblent et chaque pas semble être éprouvant. Précisons aussi que la majorité des randonneurs ne portent pas leur matos, ils font appel au service d'un porteur. Certains touristes n'ont d'ailleurs aucune gêne à leur faire porter mille bagages, sous prétexte qu'ils paient.
Les journées défilent, l'altitude augmente, et les soirées se refroidissent. Trouver un poêle pour passer la soirée au chaud devient vite le principal critère de recherche pour une guesthouse. Se loger n'est jamais un problème, les hébergements sont nombreux.
Sur la route nous rencontrons deux couples de français Arnaud et Pauline, qui sont parti bosser en Chine durant six mois et Mathieu et Maude qui eux voyagent durant un mois entre l'Inde et le Népal. Nous nous retrouvons à chaque fin d'étape autour d'un Dahl Bat (plat bien nourrissant, soupe de lentilles, curry de légumes et riz) à s'échanger nos différentes péripéties de voyage, deux couples super sympa qui ont un parcours de vie bien intéressant.
Les paysages sont à couper le souffle, on en prend pleins les yeux. Nous longeons de petits sentiers très sinueux d'où nous dominons la vallée et d'où nous apercevons les monts enneigés. Nous traversons de charmants et très jolis petits villages en pierre habités par des népalais tibétains où il est dur de s'imaginer vivre tellement le froid et les conditions de vie sont rudes.
Nous voilà à Manang, petit village à 3540 mètres d'altitude, il est conseillé d'y s'arrêter une journée pour s'acclimater avant de continuer notre ascension vers le Thorug La Pass. Nous sommes un peu plus essouflés en montant mais toujours aucun signe du mal des montagnes.
Gaëlle dit:
A 3540m d'altitude, devinez ce qu'on peut trouver au Népal?
Une boulangerie!! Les touristes regardent peu leur porte-monnaie lorsqu'il s'agit de pain au choc, de tarte aux pommes, de brioches à la cannelle et j'en passe… n'est-ce-pas Emeline et Juliette?
Bref, tout ça pour dire qu'en repartant de la terrasse de cette boulangerie, nous rencontrons malheureusement deux Canadiennes. Le "malheureusement" s'explique… Il s'avère que le thème du mal montagnes prend très rapidement sa place dans la discussion, elle nous font part de leur expérience et cela avec beaucoup trop de détails à notre goût. 1000m les séparaient de ce fameux col, autant dire qu'elles s'y voyaient déjà, mais hélas maux de tête et vomissements les ont contraints à faire demi-tour à dos de mulets. Mais bon sang, quelle idée de nous conter tout cela? Rien qu'à les écouter, j'ai l'impression que mon souffle est plus court. Ça y est, l'angoisse me gagne.
À l'excitation de cette ascension s'ajoute alors une certaine crainte… Allons-nous tous avoir la chance d'atteindre ces 5416m?
Petits maux de tête et insomnies nous signalent que le but approche gentiment.
Comment va la troupe si proche du but?
Comme à son habitude, notre Steph est au taquet, à croire qu'il fait cela tous les jours. Il dort comme un bébé, se réveille avec une pêche d'enfer et le mot "migraine" ne fait pas partie de son vocabulaire.
Juliette vit cette grimpette plutôt très bien, il suffit de la regarder manger pour savoir que tout va bien. Son appétit d'ogre revient souvent dans les discussions, ah ce qu'on a pu en rire!!
Quant à Emeline, une "tendinite cyatique??" la taquine un peu trop et la fait même boîter. Nous redoutons son ascension pour le jour J…
Pour Lolo, son sommeil habituellement lourd, profond et rapide se montre un peu perturbé.
Quant à moi, les paroles des deux Canadiennes hantent "légèrement" ma dernière nuit au point que le marchand de sable ne viendra pas me voir!
En ce lundi 2 Avril, le froid nous attend à la sortie de nos sacs de couchage. Il est 4h30, la fatigue est absente, je suis si contente d'être ce matin et me réjouis de m'approcher de Thorong! Nous sommes fin prêts pour cette dernière ligne droite!
Nous nous levons dans la nuit, déjeunons à la seule et unique guesthouse (à 4800m, ça ne court plus les rues bien évidemment), et lorsque nous entamons notre marche dans cette fraicheur plus que matinale, nous remarquons que le souhait de Juliette est exaucé, les montagnes ont revêtu un tout nouveau manteau blanc durant la nuit. Tout simplement grandiose!!!
Nous sommes loin d'être les seuls à vouloir approcher les anges (comme dirait notre Judith), les quelques endroits glissants créent de petits bouchons. Il est conseillé de passer ce col avant 9h, car le vent peut se montrer ennuyeux… Du coup, sur les coups de 5h, la majorité des randonneurs est au taquet.
Au début, un ptit train se forme: Steph, Laurent, Moi, Juliette, Arnaud, Pauline et Emeline. On tente de garder ce train en forme. Emeline se galère bien avec sa jambe, elle souffre en silence mais continue courageusement son ascension. Les nombreux arrêts pour l'attendre ne sont pas si facile pour nous… À cette altitude, chaque redémarrage nous demande bien plus d'efforts que d'habitude, les muscles des cuisses nous le rappellent et l'essoufflement se fait sentir. Garder son rythme est idéal pour ce genre d'ascension. Nous décidons alors de continuer, nous retrouverons ce joli ptit monde là-haut…
Je suis de près Steph et Lolo tout en gardant mon rythme, mes jambes et mon souffle me rappellent à l'ordre lorsque j'accélère un peu la cadence. Quelle étrange sensation. Quelle étrange phénomène. Quelle chouette expérience.
Arrive le moment où les drapeaux de prières flottent à l'horizon… Hummm ça sent l'arrivée. Je les aperçois et je ne les quitte plus des yeux.
Ça y est, nous y sommes. Et à notre plus grand étonnement, les larmes viennent se melanger à notre joie. Une toute chouette et inoubliable émotion que d'y être parvenu.
Nous sommes un chouia déçus car le ciel n'est pas tant dégagé… Mais on s'en fiche, on est tout simplement content d'être là, ensemble. Emeline aura vaincu ce Thorong, weldone!!! Immortaliser ce moment s'impose, place à la séance photos.
De l'autre côté, c'est une longue longue longue descente qui nous attend, mais nos genoux sont en forme, et tels des chevreuils nous avalons ces kilomètres de toboggan. Le paysage est géant, il nous offre l'impression d'être sur une autre planète, on s'imagine marcher sur la lune.
On continue ainsi jusqu'au village de Muktinat où nous nous sentons vite agressé par le bruit des premières motos…
Etonnamment, c'est en redescendant que la migraine se fait sentir pour Lolo, elle l'embêtera toute la soirée mais s'en ira dès le lendemain.
Lolo dit:
Ce matin nous repartons en trio avec notre Steph. Nos deux copines ralentissent un peu la cadence. Emeline étant un peu en vrac, elles vont peut être prolonger leur séjour à Muktinat, ben zut !! Espérant vous revoir à Tatopani (village en aval)..??
Deux chemins s'offrent à nous: longer la route dans la vallée de Mustang ou grimper le long d'un petit sentier pédestre, notre choix est rapide!! Nous attaquons une première grimpette et notre effort est récompensé, un couple d'aigle se donne en spectacle à une quinzaine de mètres de nous, un pur bonheur!
La vue d'ici est splendide, ça vaut le détour! Avant de redescendre dans la vallée on s'imprègne de cette ambiance particulière, on profite des rayons du soleil et des bonnes bouffées d'air pur. Quelle magie et quel bonheur!
Après avoir bien grimpé, nous entamons une longue descente nous menant dans la vallée de Mustang. Le temps s'assombrit, le vent se lève et l'ambiance est totalement différente. Tête baissé, nous marchons jusqu'au village de Jomson qui est aussi tristounet que cette fin de matinée.
Nous reprenons nos sacs le lendemain, pas moyen de se reposer une d'journ dans ce bled, nous continuons le long de ce chemin non carrossable. Mais cette fois, après avoir passé la première bosse nous perdons le petit chemin bien indiqué jusqu'ici. Steph essaie de jouer à Crocodile Dundee pour traverser la rivière mais le courant est trop fort et le danger trop grand. Demi-tour pour retrouver notre petit sentier.
Cette journée nous a épuisé, nous avons joué au yoyo pour éviter cette fameuse route poussiéreuse. Du coup le lendemain on se laisse tenter par le bus afin d'éviter cette vallée venteuse et retourner au plus vite au soleil et au chaud à Tatopani (1000 mètres). On s'autorise une journée relax dans les sources chaudes, nos gambettes en profitent pour se reposer avant de grimper à 3000, direction Poonhill.
Ce soir en traversant le village pour manger notre repas préféré, l'éternel Dhal Bat, nous retrouvons nos deux potes des Ardennes: Emeline et Juliette!!! Un bon coup de hasard, la quintuplette se reforme, yeeeeees!
La dernière ascension a démarré, nous montons durant 4h pour 1100 m de dénivelé. On arrive au petit village de Chitre où nous sommes accueillis par une trombe de grêle! Un bon truc de malade, on ne s'entend plus parler tellement le choc contre la tôle est puissant! Cet après-midi nous nous résignons à siester. Rien de bien intéressant, mais bien reposant...
Souvent dès la mi-journée le vent se lève, les nuages se pointent pour recouvrir les sommets. Ce matin nous partons suffisamment tôt pour profiter de notre dernière vue panoramique, mais les nuages nous devancent! Poon Hill est dans le brouillard.
Encore une fois, la quintuplette se sépare mais pas pour longtemps, on se retrouvera tous à Pokhara.
C'est donc avec notre Steph que nous redescendons dans la vallée, on traverse une forêt enchantée à la Tim Burton où la mousse recouvre les cailloux et les arbres. Tout est vert mis à part ces longues marches interminables.
Ces 18 jours autour des Annapurnas se termine dans une vallée taillée en escalier. Incroyable!!! Quel travail de titan, des litres de sueur ont certainement dû coulé durant la construction de cet hallucinant escalier!!! (il y aurait 1600 marches!)
Tikhedhunga sera notre dernier village dodo où le dhal bat remportera presque le palmarès des Annapurnas.
Puis dans un bus infernal pour Pokhara, je ressentirai des envies de vomir, le jeune chauffeur confond bus et karting. La conduite "freinage, accélérage" n'est pas des plus douces…
Ogalau dit:
Qu'il aura été bon de partager cette expérience avec vous les copains! Grand mercis à Juliette et Emeline car sans elles nos yeux n'auront peut être pas eu la chance de découvrir cette folle nature.
Et surtout mille énormissimes mercis à vous trois pour tous ces chouettes moments qui resteront gravés au plus profond de nous.